Lifting cervico-facial ou lifting du visage et du cou

Quand le lifting cervico-facial se voit, cela est en soi une complication. Il faut donc tout mettre en oeuvre pour éviter ce « chirurgical look ». L’objectif de cette intervention est de retrouver son visage, mais en mieux.

La peau d’un sujet jeune n’est pas tendue. Par conséquent, mettre en tension la peau d’un visage ne le rend pas plus jeune ni plus beau, mais plutôt anormal. Pourtant, cette mise en tension plus ou moins importante de la peau est l’une des étapes que l’on trouve dans certaines techniques de lifting cervico-facial.

Le terme lifting cervico-facial est très vague pour celui ou celle qui veut se renseigner. Le but de cette chirurgie est de redonner au 2/3 inférieur du visage son aspect de jeunesse, avec ses particularités propres et la beauté qui s’y rattache. Il n’est pas facile pour les patients de s’y retrouver, dans la multitude des techniques proposées.


Photo avant et après un lifting cervico-facial HIGH SMAS: Résultat de profil.


Photo avant et après un lifting cervico-facial HIGH SMAS :
La tête de la patiente est légèrement fléchie en avant, ce qui permet d’évaluer, avant l’intervention, le degré de ptôse des tissus. Après l’intervention, cette position permet àde vérifierl’efficacité du lifting.
Très important :
Notez que les oreilles sont bien visibles sur la photo avant et après l’intervention, que le pavillon de l’oreille n’a subi aucune déformation et qu’il n’y a pas de déplacement vers le bas du pavillon auriculaire, ni du lobe de l’oreille, comme cela peut se voir dans les liftings avec traction de la peau. L’aspect de l’oreille et les cicatrices qui l’entourent sont de véritables « mouchards » de la technique du lifting. Les techniques, avec des tractions importantes de la peau, déforment le lobe en particulier. Tous les cas présentés dans la galerie photos de ce site, ont les oreilles visibles, après le lifting.

Quelle technique de lifting choisir ?

Il existe différentes techniques pour traiter le double menton, le cou, les bas-joues et l’ovale du visage, dont voici une liste non-exhaustive :

  • mini lifting,
  • soft lifting ou lifting à fils d’or,
  • lifting à fils crantés,
  • lifting à cicatrices réduites,
  • lifting endoscopique,
  • lifting vertical profond,
  • lifting avec ligatures du SMAS,
  • lifting avec mastectomie,
  • lifting composite,
  • S-lifting,
  • MACS lift,
  • lifting douceur,
  • lifting high SMAS etc…

Avant de choisir une technique, pour ses cicatrices réduites, sa durée d’intervention et surtout pour ses suites très courtes, il faut savoir, avant tout, ce que l’on veut et ce que l’on ne veut pas avoir comme résultat. Le choix se fera alors plus facilement.

Quel résultat veut-on avoir ?

  • un résultat naturel,
  • un résultat durable qui va se maintenir plusieurs années,
  • des cicatrices fines et discrètement placées,
  • un résultat qui correspond aux attentes du patient et du chirurgien.

Quel résultat ne veut-on pas avoir ?

  • un visage avec un look chirurgical ou  avec un aspect de peau tirée, avec des plis anormaux sur le bas des joues ou bien une bouche évasée comme un poisson, en résumé avoir un visage qui semble de toute évidence « trafiqué »,
  • des cicatrices qui, à long terme, deviennent épaisses et/ou larges, ce qui oblige souvent les patientes à changer de coiffure – en général, le chignon n’est plus possible, en raison des cicatrices épaisses et tortueuses derrière l’oreille (voir exemple ci-dessous) – ces cicatrices élargies sont mises sur le compte du lâchage de sutures, ce qui traduit le fait qu’elles étaient sous forte tension (cette mise en tension de la peau est à l’origine de tous les défauts énumérés dans cette rubrique),
  • un déplacement du lobe de l’oreille, qui, en plus d’être collée au visage, se trouve comme tirée en bas et en avant avec souvent une cicatrice sous le lobe difficile à cacher sans l’aide de grandes boucles d’oreilles Quand on regarde un résultat de lifting cervico-facial, il faut être attentif à la position des oreilles, en particulier sur les photos de profil.De plus, quand une technique de lifting cervico-facial est basée plus particulièrement sur une mise en tension de la peau, des modifications de l’oreille sont inévitables. La position de l’oreille change, elle se trouve plus basse et son axe change après le lifting cervico-facial. Les cicatrices sont souvent élargiess, d’où la nécessité de masquer les oreilles par les cheveux.
  • un déplacement vers le haut de la patte des cheveux au-dessus de l’oreille, un recul des cheveux au niveau de la tempe ce qui vieillit un visage, une marche d’escalier au niveau de l’implantation des cheveux en arrière de l’oreille, des suites opératoires trop longues , un résultat qui n’est satisfaisant que quelques mois après, un résultat qui ne correspond pas à ce qui a été prévu avant l’intervention.


L’examen de l’oreille trahit la technique utilisée, par ses cicatrices et son abaissement global en bas et en avant, ainsi qu’une traction sur le lobe.

Doit-on lifter la peau ou le SMAS ?

La peau
La peau est un tissu élastique et extensible qui sert de couverture et non de soutien. Elle ne devrait donc jamais être tendue sur le visage.

Le SMAS

Le SMAS ou Système Musculo-Aponévrotique Superficiel de la face est composé d’un tissu fibreux inextensible car, contrairement à la peau, il n’est pas extensible. Il ne se distend pas comme un « élastique » avec le temps, ce qui permet de garder plus longtemps le bénéfice d’un lifting. Il solidarise les muscles superficiels de la face dont l’orbiculaire, le platysma, le muscle frontal etc. (voir schéma ci-dessous). Ces muscles de la mimique laissent des rides d’expression sur la peau du visage.

Au niveau du cou, le SMAS porte le nom du seul muscle qui le compose, le PLATYSMA, qui recouvre le cou et le bas du visage. Le platysma fusionne avec le SMAS de la face, au-dessus de la mâchoire. Le SMAS, dans son ensemble, recouvre ainsi l’ensemble de la face et du cou par ce filet musculo-aponévrotique. La peau se distend et se moule au début sur les déformations du SMAS sous-jacent, ainsi que sur les tissus qui subissent une atrophie graisseuse. Quand la peau est fortement distendue et excédentaire, elle se désolidarise du SMAS et subit alors la contrainte de la pesanteur, indépendamment du SMAS. Les muscles du SMAS se modifient à force de contractions et peuvent subir des distensions orbiculaires, voire parfois même des rétractions (platysma). Une atrophie du tissu graisseux s’opère progressivement et peut être traitée par la lipostructure.

Muscles de la face et du cou.
Il ne faut pas mobiliser le SMAS et la peau selon le même vecteur  (direction) de traction. Ainsi, pour agir efficacement sur le SMAS facial, il faut le lifter dans le sens du déplacement des tissus de la face quand on sourit (voir schéma ci-dessous), ce qui correspond à l’axe de travail du muscle grand zygomatique, qui est oblique en haut et en arrière.

Visage au repos, avec muscles zygomatiques détendus.

Visage souriant, avec muscles zygomatiques en contraction, donc plus courts.

Pourquoi ne pas utiliser la peau pour faire un lifting ?

Le lifting cutané classique repose sur le principe d’un décollement important de la peau qui sert ensuite à remonter les structures affaissées et creusées du visage, dont les sillons nasogéniens, les bas-joues et le cou. Le résultat sur la table d’opération et dans les premiers temps semble bon, mais la récidive est inéluctable, avec dans la majorité des cas des troubles de la cicatrisation, notamment des cas de cicatrices élargies, en raison des tensions supportées par des tissus largement vascularisés. On note une baisse de résultats de 50{c9ad5ef6cef2d2b59471f6511248b25f910b341204430ee8ef146eb2b7838c4c}, dans les premiers mois. Ces résultats sont facilement reconnaissables par le look chirurgical de la peau du visage tiré. Aucune traction, ni tension, ne doit être exercée sur la peau, puisqu’elle a un rôle de couverture et non de soutien. C’est le cas chez le sujet jeune. Les défauts de cicatrisation, les déplacements de ligne d’implantation des cheveux et du lobe de l’oreille sont dus à des tensions exercées sur les cicatrices cutanées. C’est donc un type de lifting qui n’est valable que le temps d’un été. L’intervention est courte et peut être faite sous anesthésie locale, en ambulatoire. Il s’agit d’un minilift.

Comment utiliser le SMAS pour faire le lifting ?

  • en faisant des plicatures en forme de fronce,
  • en faisant une résection du SMAS, suivie d’une suture,
  • en faisant un lambeau du SMAS – en utilisant des fils de suspension.

1. Les liftings avec plicature
La plicature du SMAS consiste à suturer deux points séparés d’une distance variable (de quelques millimètres à deux centimètres) sans libérer les attaches ligamentaires profondes du SMAS. On utilise la laxité plus ou moins importante des plans de glissement du SMAS pour faire rejoindre les deux points. Si le point situé au plus bas remonte, le point le plus haut est abaissé. Même si l’effet global donne un effet de lifting, il n’y a pas de respect de l’anatomie fonctionnelle des muscles de la face. Ces plicatures sont réalisées le plus souvent au centre de la joue. Cela remonte le bas du visage et abaisse donc la partie moyenne du visage. Cette technique s’accompagne d’une mise en tension plus ou moins importante de la peau. On observe très souvent un déplacement vers le bas et en avant de l’oreille, et en particulier du lobule. Notez bien ce détail en regardant un résultat de profil.

La mimique des muscles peauciers détruit le montage avec le temps. Seul reste le lifting cutané, avec ses défauts tels que l’élargissement des cicatrices, le déplacement de la patte des cheveux et du lobe de l’oreille.
2. Les liftings avec résection du SMAS ou SMASectomie

C’est une variante des plicatures. Il s’agit de couper une surface du SMAS, et d’en suturer les berges après leur rapprochement.
3. Les liftings avec lambeau de LOW SMAS

Le SMAS est ici bien soulevé des tissus sur lesquels il repose, mais en dessous de l’arcade zygomatique et de l’insertion la plus haute du muscle grand zygomatique, qui est le muscle du sourire. Cela rend impossible une traction du SMAS dans le sens du vecteur de ce muscle grand zygomatique.
4. Les fils de suspension

Il s’agit de passer des fils dans l’épaisseur des tissus de la face, et de suspendre les tissus accrochés à ces fils. On arrive ainsi à atténuer un sillon naso-génien et une bas-joue. Les résultats sont instantanés, mais ne durent pas longtemps. Cette technique n’a pas fait l’objet de publication scientifique impartiale prouvant que cette technique est applicable en pratique médicale courante. Si elle est simple à réaliser, les complications n’en sont pas moins réelles. Elle reste cependant valable pour les patients non candidats à la chirurgie.

Pourquoi choisir le lifting HIGH SMAS ?

Si on ne peut pas agir sur la peau, alors on va décoller puis tendre le SMAS qui est le lien anatomique entre les muscles sur lesquels on veut agir et qui sont :

  • le muscle orbiculaire pour le cerne,
  • le muscle grand zygomatique pour le sillon naso-génien,
  • le muscle platysma pour le cou.

En tendant le SMAS à partir d’un point situé au-dessus de ces muscles (orbiculaire, grand zygomatique, platysma), il est en effet primordial que le point de traction soit placé au-dessus de tous ces muscles, pour avoir l’effet de lifting. L’effet de lifting sur les trois muscles est immédiat. Le sens de traction coïncide avec celui du muscle grand zygomatique. C’est précisément dans ce sens, qu’instinctivement, les patients tirent sur leur visage, pour montrer l’amélioration qu’ils désirent.

Quelles cicatrices choisir ?

Chaque patient présente ses propres particularités anatomiques et habitudes de coiffure. Ces éléments doivent être pris en compte pour faire le bon choix des cicatrices.

Quels sont les points importants du lifting HIGH SMAS ?

1. La chirurgie va soulever le SMAS, en le libérant de ses attaches ligamentaires au périoste, ce qui permet sa mobilisation dans le sens de la fonction du muscle grand zygomatique. La solidité du SMAS et son inextensibilité permettent au chirurgien de garantir la durabilité du résultat.
2. La fixation du SMAS se fait sur l’aponévrose temporale. Cette mise en tension du SMAS, en position supra-zygomatique, permet de réduire la hauteur de la partie externe du cerne, de remonter la pommette, de traiter le sillon naso-génien profond et d’effacer la bas-joue. Avec la chirurgie du cou, cela permet de rajeunir et d’embellir le visage sur les trois étages, ainsi que le cou. C’est l’utilisation du SMAS et sa fixation, sur une structure solide comme l’aponévrose temporale profonde, qui assure la durabilité du résultat. La peau, tissu mou, n’assure qu’un résultat très limité dans le temps.

Accéder aux photos de l’intervention