Lifting du front et des sourcils avec myotomie ou Lifting du tiers supérieur de la face

L’analyse méthodique des modifications du tiers supérieur du visage doit être faite, afin de mieux comprendre et de traiter les signes de vieillissement de cette région. Le motif de consultation du patient est souvent l’excès de peau des paupières supérieures. Une explication simple, logique et argumentée permet au chirurgien de montrer aux patients pourquoi il faut pratiquer une chirurgie qu’ils n’ont pas toujours envisagée, de prime abord. Les patients s’étonnent souvent de la nécessité d’intervenir au niveau du front, alors qu’ils pensent que leur problème se situe uniquement au niveau des paupières. En effet, les paupières ne peuvent pas être analysées isolément. Il faut également observer le front, les sourcils, la glabelle (saillie osseuse de l’os frontal située entre les deux sourcils) et la racine du nez. Ainsi, parler de lifting du tiers supérieur du visage ou de lifting du front et des sourcils avec myotomie (section des muscles) reflète mieux les objectifs de cette intervention, plutôt que la dénomination de lifting des sourcils, qui prête à confusion.

Quand proposer un lifting du tiers supérieur du visage ?

Le signe de CONNELL (chirurgien plasticien de Los Angeles) est un bon repère pour poser les indications du lifting du tiers supérieur du visage.

On propose ce type de lifting quand l’excès de peau des paupières (membranes protégeant la partie antérieure de l’œil) est manifeste. Les paupières comportent une face superficielle cutanée et une face profonde conjonctivale, recouvrant le cartilage tarse et la partie palpébrale du muscle orbitaire de l’œil. La paupière supérieure est plus étendue que la paupière inférieure et déborde sur le cadre orbitaire. Ceci est un repère clair qui permet de trancher entre les problèmes des paupières et des ptôses du front.

L’excès de peau des paupières est une conséquence de la ptôse ou descente du front dans son ensemble. Il n’est pas rare que les patients soulèvent leurs sourcils avec les doigts, pour démontrer qu’il faut enlever de la peau sur les paupières supérieures. C’est le signe de FLOWER. La ptôse du front et des sourcils doit toujours être recherchée chez les patients qui présentent un excès de peau des paupières supérieures, même si la hauteur des sourcils semble être au bon niveau. Dans certains cas, le lifting du tiers supérieur du visage sera à lui seul suffisant, mais parfois il faudra y associer une blépharoplastie dont l’importance sera réduite. Si la manœuvre d’ascension des sourcils avec les doigts ne montre pas ou peu de signes d’embellissement du tiers supérieur du visage, alors, une simple blépharoplastie sera proposée.

Le vieillissement, avec ptôse du front, n’est pas exclusivement la conséquence de la pesanteur, mais elle est également due aux contractions répétées des muscles antagonistes, qui agissent sur les sourcils.

Lifting front et sourcil
Ces muscles sont : 1 le FRONTAL qui est le seul élévateur du front et des sourcils, 2 l’ORBICULAIRE, 3 le CORRUGATOR (abaisseurs) 4 le PROCERUS (abaisseurs) (Les flèches indiquent la direction d’abaissement de la tête et de la queue du sourcil)

 

Lifting front et sourcil
1.

 

Ce sujet a un muscle frontal en contraction et des muscles orbiculaires en relâchement (muscle circulaire entourant la bouche et les paupières), ce qui soulage ses paupières supérieures des compressions. Cette contraction du muscle frontal ride le front à force de contractions et, dans ce cas précis, dégage le regard. A noter, l’aspect des sourcils à la  » MEPHISTO  » (en accent circonflexe).

Lifting front et sourcil
2.

Même sujet en décontraction du muscle frontal, en contraction de l’orbiculaire et du corrugator (voir schéma). On note une chute du sourcil, en particulier de la queue du sourcil, ce qui a pour conséquence un tassement de la peau des paupières. Notez les rides du lion (les rides glabellaires) et de la patte d’oie. Ainsi, les patients, qui présentent ce problème de ptôse des tissus du front, ont tendance à compenser en contractant le muscle frontal pour éviter le tassement de la peau des paupières supérieures, ce qui a pour effet de rider leur front.

Pourquoi le lifting frontal et du sourcil?

Quand on engage une conversation avec une personne ou si on regarde des photos de personnes, notre attention se focalise souvent sur le tiers supérieur du visage, en particulier sur le regard que l’on décode comme étant :

  • La graisse autologue (cette technique est détaillée dans une autre rubrique),
  • Le collagène,
  • L’acide hyaluronique,
  • Le calcium d’hydroxylapatite,
  • L’acide polylactique.

Les yeux ne changent pas, mais la position, la forme des sourcils, la hauteur du front ainsi que la compression des paupières se modifient. C’est l’état de contraction des muscles peauciers (muscle frontal, muscle corrugator, muscle orbiculaire, muscle procerus) qui arrive à modifier, en fonction de l’humeur, la configuration du tiers supérieur du visage. L’atrophie des tissus graisseux, la répétition de ces mimiques et l’altération des qualités élastiques de la peau aboutissent à des déformations du regard et de la surface de la peau. À long terme, apparaissent des rides et des ridules qui marquent le front, la glabelle, les paupières et la racine du nez. La contraction permanente de certains muscles entraîne leur hypertrophie. Des modifications du volume ou de l’épaisseur des tissus se forment, en raison de la fonte ou des déplacements de la graisse. L’ensemble de ces processus aboutit à un obscurcissement du regard par abaissement des sourcils, de la peau et des muscles des paupières. Il se produit un rapprochement et un épaississement du relief des sourcils. La sphère que représente le globe oculaire n’est plus au centre du cadre que représentent les sourcils et les muscles orbiculaires. Le regard devient plus sombre et donne une impression de mécontentement ou de tristesse. Ainsi, une modification de cette région par embellissement et/ou rajeunissement est très remarquée par l’entourage, et fort appréciée par le patient. Cette région d’anatomie a une dynamique complexe. Elle nécessite une analyse précise des causes et des effets, ainsi qu’une analyse minutieuse de la planification des gestes à effectuer. Un visage équilibré se compose de trois étages. Le tiers supérieur peut être modifié, en agissant sur la hauteur du front par la modification de la ligne d’implantation des cheveux. Elle peut être augmentée ou diminuée. Chez une personne chauve, on a un autre mode de raisonnement. En position neutre du sourcil, la queue et la tête du sourcil sont au même niveau. La modification de cette position de repos dans un sens ou dans un autre, va donner une impression de tristesse ou de visage soucieux. La chute du sourcil est souvent interprétée comme la présence d’un excès de peau des paupières supérieures, et parfois traitée comme telle. Il faut donc bien analyser les paramètres afin de savoir si la ptôse du sourcil s’accompagne ou non d’un excès de peau des paupières supérieures. Les conséquences de la ptôse du sourcil ne s’arrêtent pas à un effet de tassement sur les paupières supérieures, mais également sur la glabelle et la racine du nez. Globalement, il y a un rapprochement des têtes de sourcil, et un empâtement de la racine du nez, ce qui donne un effet de nez plus court, par mise en jeu du muscle procerus. Il faut tenir compte des variantes. Chez la femme, le sourcil s’éloigne légèrement du rebord orbitaire de dedans en dehors, et remonte très légèrement, ce qui n’est pas le cas chez l’homme qui, lui, a des sourcils plus proéminents et horizontaux. Il faut donc prendre garde de ne pas féminiser les sourcils d’un homme, en relevant un peu trop la queue du sourcil.

L’intervention

La technique chirurgicale sera choisie en fonction des objectifs à atteindre :

  • augmenter ou diminuer la hauteur du front, agir sur les rides du lion (action sur les muscles corrugators),
  • agir sur les rides de la racine du nez (action sur les muscles procerus),
  • agir sur les rides du front,
  • modifier la forme et la hauteur du sourcil en précisant la hauteur en millimètres que l’on veut déplacer et ceci pour chaque tiers (tête, queue et partie moyenne).

Les prévisions chirurgicales

C’est l’estimation de la quantité de peau à exciser qui va guider le choix des incisions. En général, il faut surélever le sourcil de 10 mm, ce qui correspond à une excision de 15 mm au niveau de la ligne frontale. Si l’incision est faite dans le cuir chevelu, l’excision sera de 20 mm. Les voies d’abord Il en existe plusieurs : la voie endoscopique, les voies ouvertes à cicatrices courtes et la voie coronale. En fonction de la quantité de tissus à enlever, et de la position de la ligne frontale que l’on voudra remonter ou abaisser, le choix se portera sur l’un des huit types d’incisions les plus fréquemment réalisés.

1. L’incision frontale suit la ligne frontale ondulante d’implantation des cheveux. Elle préservera la gaine et le bulbe des cheveux. Elle sera utilisée si les patients ont un front très haut. La résection de la peau du front permet de préserver le cuir chevelu et de diminuer la hauteur du front. Dans le meilleur des cas, la cicatrice est pratiquement imperceptible. Dans le cas d’une cicatrice moins discrète, il sera toujours possible de faire une greffe de cheveux de la zone frontale.

2. L’incision coronale suit la suture coronale de la voûte du crâne. Elle se situe donc en arrière de la ligne frontale d’implantation des cheveux. Elle préservera la gaine et le bulbe des cheveux. Elle sera utilisée si les patients ont un front court avec la possibilité d’agrandir et d’augmenter la hauteur du front, si nécessaire. La résection du cuir chevelu en arrière de la ligne frontale permet d’augmenter la hauteur du front.

3. L’incision au vertex est faite en arrière de la suture coronale de la voûte du crâne. Elle se situe donc encore plus en arrière de la ligne frontale d’implantation des cheveux. Elle préservera la gaine et le bulbe des cheveux. Elle sera utilisée si les patients ont un front court et qui aurait intérêt à être agrandi. La résection du cuir chevelu en arrière de la ligne frontale permet donc d’augmenter la hauteur du front. Il y a moins d’œdèmes du cuir chevelu dans ce type d’incision.

4. L’incision en « M qui suit les golfs » permet de réséquer de la peau chauve et de faire avancer de la peau chevelue vers l’avant. Dans le meilleur des cas, la cicatrice est pratiquement imperceptible. Dans le cas de cicatrice moins favorable, il est toujours possible de faire une greffe de cheveux de la zone frontale.

5. L’incision en W est utilisée chez les patients avec une avance frontale basse. L’excision de cuir chevelu est faite en avant ou en arrière de l’incision. Elle augmente la hauteur de la partie centrale du front.

Le mode d’anesthésie

Cette intervention se fait sous anesthésie générale ou sous anesthésie locale assistée.

Les complications

Comme toutes les interventions, le lifting du front et des sourcils peut exposer à certaines complications telles que les infections, les hématomes, la lésion nerveuse … Ces complications doivent vous être exposées en détail au cours des consultations, même si elles sont rares ou exceptionnelles.