Qu’est-ce que le lifting malaire?

Le lifting malaire est une technique chirurgicale d’embellissement du regard. Il permet de restaurer les structures initiales du 1/3 moyen du visage, pour obtenir un rajeunissement harmonieux de cette région, en élevant la peau fripée de la paupière inférieure, en diminuant les cernes et en remontant les pommettes ainsi que les sillons naso-géniens à un moindre degré. Le lifting cervico-facial est moins efficace que le lifting malaire sur cette zone, car le lifting cervico-facial traite principalement les régions du cou et des bas joues.

Poche sous les yeux

Le lifting malaire peut être réalisé isolément, ou avec une chirurgie des paupières supérieures. Il est plus rarement associé à une autre intervention de chirurgie esthétique du visage (lifting cervico-facial, lifting cervico-facial avec high SMAS). L’intervention du lifting malaire est couramment pratiquée vers la quarantaine, parfois beaucoup plus précocement lorsque les disgrâces sont constitutionnelles (facteurs héréditaires). On peut, en effet, avoir des cernes et des poches sous les yeux bien avant la quarantaine.

Poche sous les yeux
Avant.

Gros plan sur une vue de trois quart droit, montrant les reliefs (creux des cernes, vallée des larmes, poches sous les yeux et squelettisation de l’orbite). On note une nette démarcation entre la paupière inférieure et la pommette.

Poche sous les yeux
Après.

Le lifting malaire sus-périosté, permet de rétablir les volumes et de faire disparaître la limite trop nette entre la pommette et la paupière inférieure. Les poches de graisse ne sont pas simplement enlevées.La graisse est redrapée sur le rebord orbitaire pour remplir les creux.

Peut-on traiter l’oeil rond (scleral show) par le lifting malaire ?

Le lifting malaire est une bonne indication pour le traitement de l’oeil rond ou scleral show. Pour traiter un problème, il faut en connaître les causes, qui peuvent être multiples concernant l’oeil rond. On parle d’oeil rond, quand il existe une rétraction de la paupière inférieure, qui entraîne l’exposition du blanc de l’oeil que ne recouvre pas la paupière inférieure. L’oeil rond peut se voir naturellement chez certains patients. Il s’agit le plus souvent d’un déficit de support de la paupière inférieure. On parle de vecteur malaire négatif par défaut du support osseux que doit apporter le malaire dans le soutien de la paupière inférieure. Le vieilliisement naturel de la paupière aboutit à la rétraction vers le bas de la paupière inférieure. La perte de l’élasticité de la paupière inférieure, favorise l’apparition de l’oeil rond. Mais souvent, l’oeil rond est second à une chirurgie de la paupière inférieure. On explique cette complication par la rétraction ou la résection excessive d’une des composantes de la paupière inférieure. Schématiquement, on peut concevoir la paupière inférieure comme étant composée de quatre couches de tissus, allant de la couche superficielle à la couche profonde :

  • 1- la peau,
  • 2- le muscle,
  • 3- le trase et le septum,
  • 4- la conjonctive.
En fonction du tissu qui manque et qui entraîne la rétraction de la paupière inférieure, on sera amené à faire, avec le lifting malaire, pour traiter l’oeil rond, tout ou partie de ces gestes :
  • la canthopexie,
  • la canthoplastie,
  • la section du fascia capsulopalpébreal,
  • la greffe traso-conjonctivale.
La voie d’abord chirurgicale du malaire sus-périosté permet d’aborder la paupière inférieure directement et de faire les gestes nécessaires pour traiter l’oeil rond, quand cette déformation est présente.

 

Qu’est-ce que le cerne?

Le cerne est un sillon arciforme, situé sous l’œil, entre la paupière inférieure, le nez, la joue et la pommette. Il est plus ou moins creusé, souvent pigmenté. Il se marque davantage avec l’âge, mais également en cas de déshydratation ou de fonte de la graisse située autour de l’œil (graisse dite péri-orbitaire inférieure). L’analyse du cerne dans le temps montre que sa présence est notable même chez de très jeunes sujets, mais seulement dans sa partie interne. La pesanteur n’a en fait que peu d’impact sur le vieillissement de cette région. La vraie descente du cerne et du sillon palpébro-jugal ne s’observe que dans de très rares cas. La fonte du tissu graisseux joue également un rôle important dans l’aggravation du cerne. Cela dépendra également de l’architecture osseuse de chaque visage, du défaut congénital ou non de graisse ou bien des contractions musculaires répétées. De nombreux facteurs qui relèvent généralement de l’hygiène de vie contribuent à l’altération des paupières. Citons par exemple le tabagisme, l’amaigrissement, l’alcoolisme, l’exposition au soleil, la durée ou la qualité du sommeil… Le cerne donne au regard une impression de fatigue, mais dès que le sujet sourit, le regard devient plus avenant, plus agréable. Au moment du sourire, des plis apparaissent alors sur la paupière inférieure et sur la pommette. Ils sont dus à la compression de la peau, qui est en excès et manque d’élasticité. On constate donc que la mimique du sourire fait remonter les tissus de la joue et de la pommette vers le cerne et la péri-orbite, ce qui comble les creux et couvre les surfaces osseuses. C’est schématiquement ce que reproduit le lifting malaire sus-périosté. Le cerne est une composition faite de reliefs, de couleurs et d’ombres. La perte d’épaisseur des tissus qui le composent est la principale cause des cernes. L’objectif premier du lifting malaire ou lifting zygomatique (l’os zygomatique étant le nom moderne de l’os malaire) est d’étoffer la partie inférieure de la péri-orbite et d’enlever la peau excédentaire de la paupière.

Qu’est-ce que l’oeil creux?

L’œil creux est la traduction d’un manque de graisse autour de l’œil. Ceci a pour effet de creuser la paupière supérieure, le plus souvent, mais aussi la paupière inférieure. Ce manque de graisse est soit congénital, soit acquis, suite à une chirurgie des paupières qui a enlevé en excès la graisse intra orbitaire. Il ne faut pas donc pas enlever systématiquement les poches de graisse, car cela creuse la paupière inférieure et n’embellit pas le regard. Si les poches de graisse donnent un regard fatigué, les enlever peut conduire à donner un aspect malade. On peut, il est vrai, intervenir isolément sur les paupières inférieures, sur les cernes ou bien sur les pommettes, mais la contiguïté et l’intrication anatomiques de ces trois régions, conduisent logiquement à les traiter pendant la même intervention, s’il y a une indication et une demande du patient.

Y a-t-il une différence entre les cernes, la couleur sombre des cernes, les poches de graisse sous les yeux et les yeux creux ?

Pour répondre simplement, le cerne repose sur un support osseux. Quand on met son doigt sur un cerne, on sent le relief osseux sous son doigt. Il s’agit du rebord osseux de l’orbite donc de la péri orbitaire (on est autour de la cavité orbitaire). Ce sont les tissus hors et autour de la cavité orbitaire. Ce plan osseux est constitué de l’os zygomatique (dénomination actuelle de l’os malaire) et du processus frontal de l’os maxillaire. Ces os sont recouverts de périoste, de graisse, du muscle orbiculaire et recouvrant cela on trouve à nouveau de la graisse et enfin d’une fine peau. Pour traiter le cerne, l’objectif sera d’augmenter l’épaisseur des tissus qui recouvrent les os qui sont devenus trop apparents par affinement et à un moindre degré la ptôse des tissus qui recouvre cette péri orbite. Cela peut se faire soit par des injections de produits de comblement ACIDE HYALURONIQUE, soit par la chirurgie : le lifting malaire ou lifting zygomatique.

Avant l’intervention

Un interrogatoire suivi d’un examen des yeux et des paupières seront réalisés par le chirurgien, à la recherche d’anomalies pouvant compliquer les suites de l’intervention, voire la contre-indiquer. Un examen ophtalmologique spécialisé sera demandé, en complément, afin de dépister une éventuelle pathologie oculaire. Un bilan préopératoire sera réalisé conformément aux prescriptions. Le médecin anesthésiste sera vu en consultation, une quinzaine de jours avant l’intervention ou au plus tard 48 heures avant. Aucun médicament contenant de l’aspirine ou un anti-inflammatoire ne devra être pris dans les 15 jours précédant l’intervention, C’EST UN IMPERATIF. On vous demandera de rester à jeun (ne rien manger, ni boire) six heures avant l’intervention.

Type d’anesthésie et modalité d’hospitalisation

Le lifting malaire est réalisé sous anesthésie générale. Une hospitalisation de 24 heures est habituellement nécessaire, l’entrée s’effectuant le matin de l’intervention.

Les différentes techniques opératoires

Le lifting malaire sus-périosté composite est une technique différente du lifting malaire sous-périosté.

Quelles sont les différences entre ces deux techniques ?

Pour comprendre la différence entre les deux techniques, il faut imaginer que le tiers moyen du visage est constitué d’un feuilleté de tissus recouvrant l’os. On trouve, de la partie profonde vers la surface : – le périoste qui recouvre l’os, puis la graisse : le SOOF (sub orbicularis oculis fat), – le muscle orbiculaire et la graisse : le MFP (mala ire fat pad), – la peau. Chaque couche de tissu subit l’outrage des années, de façon très différente, en fonction de l’exposition au soleil, du tabagisme, de l’hygiène de vie, etc. Elles vont glisser vers le bas les unes par rapport aux autres plus ou moins facilement, car il existe des ligaments entre ces différentes couches. Ce glissement vers le bas va squeletiser le pourtour de l’oeil. Chaque couche va subir un amincissement, il est donc logique de penser que la réparation de ces tissus doit se faire de façon indépendante. Dans le lifting sus-périosté, les tissus sont liftés de facon indépendante. Dans le lifting sous-périosté, les tissus sont liftés d’un seul tenant en passant de long fils qui prennent toute l’épaisseur de la joue, ce qui est moins précis et moins efficace que de fixer les tissus indépendamment les uns des autres. Mais la différence essentielle entre ces deux techniques réside dans le fait que dans la technique sus-périosté on aborde le cerne en vision directe en traitant la partie interne du cerne, par redistribution des poches de graisse. On peut plus facilement et plus précisement traiter un oeil rond par voie sus-périosté. Cela n’est pas possible par voie sous-périosté.

L’intervention

Le lifting malaire composite consiste à faire une incision sous ciliaire au niveau de la paupière inférieure en débordant plus ou moins sur la patte d’oie en cas d’excèdent important de peau. On réalise un décollement en arrière du muscle orbiculaire (muscle en anneau qui entoure l’œil) jusqu’au rebord orbitaire, puis au-dessus du périosté (DECOLLEMENT SUS-PERIOSTE) au niveau de la région de la pommette et sur les régions adjacentes. Ensuite, on réalise une élévation de la pommette par l’intermédiaire de fils passés dans le SOOF, le MALAR FAT PAD et LE SMAS qui sont les composants de la joue ( tous ces mots vous sont expliqués en consultation ) et fixés sur le rebord de l’orbite au périoste et sur l’os.On réalise également une suture du muscle orbiculaire sur l’os. Ces fixations se font sur le rebord orbitaire osseux dans lequel on a fait un trou d’ancrage. Une fois la pommette remontée, la peau excédentaire de la paupière inférieure est enlevée. On finit par une suture qui est sous ciliaire. La canthopexie va consister à remettre en bonne tension la sangle des paupières et, si nécessaire, on peut remonter le canthus externe lorsque celui-ci est trop bas.

Après l’intervention, les suites opératoires du lifting malaire

Il n’y a pas de véritable douleur. Durant les deux jours qui suivent l’intervention, il faut se reposer au maximum et éviter tout effort violent. Les suites opératoires sont essentiellement marquées par l’apparition d’un œdème (gonflement) et d’ecchymoses (bleus) dont l’importance et la durée sont très variables (2 à 3 jours) d’un individu à l’autre. Le regard sera un peu asiatique pendant plusieurs jours. Il ne faudra pas s’inquiéter de ces signes qui sont en règle générale rapidement réversibles. Les fils sont retirés entre le troisième et le sixième jour après l’intervention. Les stigmates de l’intervention vont s’atténuer progressivement, permettant le retour à une vie socio-professionnelle normale plus ou moins rapide en fonction du geste chirurgical. Les cicatrices peuvent rester un peu rosées durant les premières semaines. Une légère induration des zones décollées peut persister quelques mois, mais elle n’est pas perceptible par l’entourage.

Le résultat du lifting malaire

Au bout de quelques semaines, on peut avoir une bonne idée du résultat. Grâce aux progrès accomplis et à une grande minutie technique, on obtient un effet de rajeunissement appréciable qui reste toutefois très naturel : le visage n’a pas un aspect «chirurgical», ce qui donne globalement un aspect reposé, détendu et rafraîchi. Cette amélioration physique s’accompagne en règle générale d’un mieux-être psychologique. À long terme, le lifting malaire a permis de lutter contre les outrages du temps, mais le vieillissement continue à faire son œuvre et l’on peut éventuellement envisager une nouvelle intervention, comme un lifting, au bout d’une dizaine d’années.

Les complications envisageables lors d’un lifting malaire

Un lifting malaire composite, bien que réalisé pour des motivations essentiellement esthétiques, mais egalement pour pallier un mal-être, n’en reste pas moins une véritable intervention chirurgicale, ce qui implique les risques liés à tout acte médical ou chirurgical, aussi minime soit-il. Il faut distinguer les complications liées à l’anesthésie de celles liées au geste chirurgical. En ce qui concerne l’anesthésie, le médecin anesthésiste, lors de la consultation, vous informera lui-même des risques anesthésiques. Il faut savoir que l’anesthésie induit dans l’organisme des réactions parfois imprévisibles et plus ou moins faciles à maîtriser. Le fait d’avoir recours à un anesthésiste parfaitement compétent et exerçant dans un contexte réellement chirurgical permet que les risques encourus sont devenus statistiquement négligeables. Il faut savoir, en effet, que les techniques, les produits anesthésiques et les méthodes de surveillance ont fait d’immenses progrès ces vingt dernières années, offrant une sécurité optimale, surtout quand l’intervention est réalisée en dehors de l’urgence et chez une personne en bonne santé. En ce qui concerne le geste chirurgical, en choisissant un chirurgien plasticien qualifié et compétent, formé à ce type d’intervention, vous limitez au maximum ces risques, sans toutefois les supprimer complètement. Heureusement, les vraies complications sont rares à la suite d’un lifting malaire. En pratique, l’immense majorité des interventions se passe sans aucun problème et les patients sont pleinement satisfaits de leur résultat. Une documentation sur l’intervention avec toutes les complications possibles vous sera remise lors de la première consultation.

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