La réduction mammaire ne doit pas  couvrir le sein de multiples cicatrices qui, de plus, ne garantissent pas une stabilité du résultat , à long terme. C’est pour cela que, neuf fois sur dix, nous faisons des cicatrices réduites, le plus souvent des cicatrices verticales, même quand les volumes de résection sont importants (près d’un kg pour les deux seins), ce qui évite la cicatrice sous le sein que l’on trouve dans le cicatrice en T.

Aucun chirurgien ne peut vous garantir la qualité d’une cicatrice. C’est à mon sens une bonne raison pour en faire le moins possible sur vos seins.

 

1- Cicatrice en T inversé et péri aréolaire :

Cicatrice un an après l’intervention pour réduction mammaire avec cicatrice en T et péri aréolaire.

 

2- Cicatrice verticale et péri aréolaire :

Cicatrices résiduelles 15 jours après réduction mammaire avec cicatrice verticale et péri aréolaire .

Cicatrices résiduelles après réduction mammaire avec cicatrice verticale et péri aréolaire a 4 ans .

 

3- Cicatrice péri aréolaire :

LES HYPERTROPHIES MAMMAIRES

La notion d’hypertrophie (trop gros) est relative à la taille et au poids de la patiente.

Nombreuses sont les femmes, de tout âge, qui souffrent à des degrés divers de cette affection dont les répercussions physiques sont :

  • douleurs dorsales,
  • mauvaises postures : position voûtée par exemple,
  • creusement des sillons par des bretelles du soutien-gorge sur l’épaule,
  • plis de macération des sillons sous-mammaires avec parfois une dermatose des grands plis et avec une mycose (infection par un champignon),
  • insensibilité de la PAM (plaque aréolo-mamelonnaire) par étirement des filets nerveux (de par sa position haute d’origine, le mamelon descend progressivement au fur et à mesure que la ptôse progresse et les filets nerveux, qui donnent la sensibilité au mamelon, se trouvent donc étirés, ce qui les rend non fonctionnels à partir d’un certain niveau d’étirement),
  • difficulté à faire du sport.

Les répercussions psychologiques et physiques sont telles que parfois on peut envisager une intervention bien avant 18 ans, dans les cas de gigantomastie juvénile avérée.

Dans la mesure où le handicap n’est pas invalidant, il est conseillé d’attendre les grossesses, si la patiente veut absolument allaiter ses enfants. En fonction des techniques, il y a en effet un risque de ne pas pouvoir allaiter.

Il faut imaginer qu’au moment de la grossesse, chaque unité glandulaire  fabrique du lait qui va être déversé dans une canalicule. Les canalicules se réunissent pour former des canaux à l’image d’une arborisation: feuilles (glandes), tige (canalicules), branches (canaux), tronc (mamelon). Certaines techniques impliquent la section du tronc ou des grosses branches, ce qui entraîne l’impossibilité pour les glandes de libérer leur sécrétion, avec le risque d’abcès en cas de tentative d’allaitement.

On peut envisager cette intervention pour toute patiente majeure et pleinement informée, si elle exprime son souhait de ne pas allaiter.

Objectif de l’intervention

L’intervention a pour but de réduire le volume des seins de la patiente en enlevant de la glande mammaire et/ou de la graisse mammaire. Il faudra ensuite retirer de la peau excédentaire et en laisser suffisamment pour que le sein soit correctement galbé, avec une suture sans tension excessive.

Le sein est composé de peau qui recouvre le tissu glandulaire et graisseux. Avec le temps et les modifications hormonales, le tissu glandulaire fond ou se transforme en graisse, ce qui explique en partie que le sein tombe et devient flasque.

Ainsi les hypertrophies, chez les patientes âgées, sont, en grande majorité, exclusivement graisseuses. C’est une des raisons pour lesquelles les seins sont flasques et difficiles à galber. La manipulation doit être délicate du fait de la fragilité du tissu graisseux.

Les hypertrophies mammaires glandulaires ou mixtes (glande et graisse) sont plus fermes et donc plus faciles à galber.

La nature graisseuse totale ou partielle du sein est, pour la patiente qui envisage de maigrir, très importante à considérer.

Si un régime est envisagé par la patiente, il est très important que ce régime soit entrepris avant l’intervention car il peut influer sur le volume des seins, surtout s’ils sont graisseux.

Un bon résultat peut se dégrader si la patiente maigrit juste après une intervention, car le sein va perdre du volume et retomber.

Avant l’intervention, la patiente doit clairement définir le volume des seins qu’elle désire avoir après. Ce n’est pas au chirurgien à le faire. Pour qu’une patiente et un chirurgien se comprennent, il est préférable que la patiente apporte un soutien-gorge de la taille de la poitrine qu’elle aimerait avoir. Le tour de thorax ne changera pas. Seul la taille du bonnet sera inférieure. A l’essayage de ce soutien-gorge, toute la partie du sein qui ne pourra pas se loger dans le bonnet représentera le volume de la résection mammaire. Faire cet essai permet d’éviter bien des surprises. Si le chirurgien a fait une réduction mammaire insuffisante, cela est fâcheux mais réparable, ce qui n’est pas le cas si la résection est trop importante.